L’irruption de la modernité dans les domaines
Mécanisation et révolution chimique
Le tournant des années 1950-1970 marque l’arrivée massive de la mécanisation. Les tracteurs, puis les chenillards, bouleversent l’organisation des domaines ; le temps de travail à l’hectare chute, passant de 400 heures/h à moins de 100 heures dans certaines exploitations modernes à la fin du siècle (source : INRAE). Dans le même temps, l’essor des engrais chimiques et des pesticides révolutionne la gestion des maladies (mildiou, oïdium, botrytis) et du rendement.
- Apparition des désherbants de synthèse dès les années 1960
- Engrais azotés et phosphatés pour stimuler la vigueur de la vigne
- Systèmes de traitement par pulvérisation motorisée
La conséquence directe : l’accroissement des rendements. Entre 1960 et 1990, la production burgonde passe en moyenne de 25 hl/ha à 45 hl/ha (source : Agreste) avec des pics dans certaines zones facilement mécanisables. Le revers de la médaille ? Des sols fragilisés, des vins parfois jugés plus standardisés, et l’apparition de pollutions diffuses.
Évolution du rapport au sol et au vivant
À partir des années 1980, un mouvement de retour aux sources s’observe, motivé par la volonté de préserver la typicité. Les rendements sont volontairement réduits dans les AOC villages, premiers crus et, bien sûr, grands crus (ex : 35-37 hl/ha en Clos de Vougeot).
La formation d’œnologues et l’internationalisation des marchés imposent aussi une montée en compétences techniques :
- Maîtrise accrue de la vinification (contrôle des températures, levures sélectionnées, inertage des cuves)
- Utilisation raisonnée des barriques neuves pour l’élevage
- Introduction de l’analyse chimique et sensorielle régulière pour garantir la régularité qualitative